La lipoprotéine (a), appelée Lp(a), est une particule qui transporte des graisses dans le sang. Son taux dépend surtout de vos gènes : il est hérité de vos parents et reste à peu près le même tout au long de la vie adulte.
Un taux élevé de Lp(a) augmente à lui seul le risque de maladies cardiaques et vasculaires (infarctus, accident vasculaire cérébral, rétrécissement des artères), même lorsque le cholestérol et les autres examens sont normaux. Il est aussi associé à un risque de rétrécissement d’une valve du cœur (la valve aortique).
Les recommandations médicales européennes récentes conseillent de faire ce dosage au moins une fois à l’âge adulte, pour mieux évaluer son risque cardiovasculaire.
En France, ce dosage n’est pas remboursé par l’Assurance Maladie et reste à la charge du patient.
QU’EST-CE QUE LA LP(A) ?
La Lp(a) ressemble beaucoup au LDL, souvent appelé « mauvais cholestérol », qui transporte le cholestérol dans le sang et favorise son dépôt dans les artères. La Lp(a) possède en plus une protéine particulière, l’apolipoprotéine (a).
Cette particularité la rend plus nocive, car elle favorise à la fois :
- le dépôt de graisses dans la paroi des artères ;
- l’inflammation des artères ;
- la formation de caillots sanguins.
Le taux de Lp(a) varie beaucoup d’une personne à l’autre. Contrairement au LDL-cholestérol ou aux triglycérides, il est très peu influencé par l’alimentation, l’activité physique ou le mode de vie.
Il n’existe pas de limite stricte entre « normal » et « dangereux » : plus le taux est élevé, plus le risque augmente, de façon progressive.
POURQUOI DOSER LA LP(A) ?
Un complément au bilan de cholestérol habituel
Le bilan lipidique classique mesure notamment le LDL-cholestérol, qui reste la cible principale pour prévenir les maladies cardiovasculaires.
Pourtant, deux personnes ayant le même taux de LDL-cholestérol peuvent avoir un risque différent. Le dosage de la Lp(a) peut révéler un facteur de risque héréditaire supplémentaire, invisible sur le bilan habituel.
Dans quelles situations ce dosage est-il particulièrement utile ?
Votre médecin peut vous le proposer notamment :
- pour évaluer votre risque cardiovasculaire global ;
- si vous avez eu une maladie cardiovasculaire à un âge jeune ;
- si des membres de votre famille ont eu une maladie cardiovasculaire précoce ;
- en cas d’hypercholestérolémie familiale (excès de cholestérol d’origine héréditaire) ;
- si une maladie cardiovasculaire survient alors que vos autres facteurs de risque sont bien contrôlés ;
- si l’un de vos parents, frères, sœurs ou enfants a une Lp(a) élevée.
COMMENT LIRE VOS RÉSULTATS ?
Le résultat est exprimé en nmol/L.
Les recommandations européennes de 2025 retiennent un seuil de 105 nmol/L. Au-delà, la Lp(a) est considérée comme un facteur qui augmente le risque cardiovasculaire. Environ une personne sur cinq dépasse ce seuil.
Ce seuil est un repère, mais le risque augmente progressivement : il commence à augmenter modérément au-delà de 62 nmol/L, devient nettement plus marqué à partir de 105 nmol/L, et plus le taux est élevé, plus le risque s’accroît.
Votre résultat doit toujours être interprété par votre médecin, en tenant compte de l’ensemble de votre situation.

LP(A) ET APOA1 : LES DEUX EXAMENS À NE PAS CONFONDRE
Les noms se ressemblent, mais il s’agit de deux examens totalement différents.
- L’ApoA1 (apolipoprotéine A1) est la principale protéine du HDL, souvent appelé « bon cholestérol ». Ce dosage est remboursé par l’Assurance Maladie.
- La Lp(a) est une particule proche du « mauvais cholestérol » (LDL), décrite plus haut.
Le dosage de l’ApoA1 ne remplace donc pas celui de la Lp(a).
QUE FAIRE SI VOTRE LP(A) EST ÉLEVÉE ?
Pas d’inquiétude excessive : une Lp(a) élevée ne signifie pas que vous aurez forcément un problème cardiaque. C’est une information utile pour mieux vous protéger.
Des traitements visant à faire baisser la Lp(a) sont en cours d’étude, mais il n’est pas encore prouvé qu’ils réduisent le risque d’accident cardiovasculaire.
Aujourd’hui, l’essentiel est donc de contrôler de façon rigoureuse et précoce les autres facteurs de risque, en particulier :
- le LDL-cholestérol, qui doit atteindre l’objectif fixé par votre médecin ;
- la tension artérielle ;
- le tabac ;
- le diabète ;
- le poids et l’activité physique.
En présence d’une Lp(a) élevée, les experts européens recommandent une prise en charge intensive de ces facteurs de risque. Votre médecin peut ainsi être amené à renforcer votre suivi ou votre traitement, en particulier si votre risque était jusque-là jugé modéré.
Comme la Lp(a) est héréditaire, parlez-en à vos proches (parents, frères, sœurs, enfants) : un dosage peut aussi leur être utile.
CE QU’IL FAUT RETENIR
- La Lp(a) est un marqueur héréditaire du risque cardiovasculaire, stable au cours de la vie.
- Il est recommandé de la doser au moins une fois à l’âge adulte.
- Un taux élevé est un facteur de risque supplémentaire, à prendre en compte avec les autres.
- Ne pas confondre Lp(a) et ApoA1 : ce sont deux examens différents.
- Le dosage de la Lp(a) n’est pas remboursé par l’Assurance Maladie.
- En cas de Lp(a) élevée, la priorité est de bien contrôler les autres facteurs de risque, notamment le LDL-cholestérol.

Références :
- ESC/EAS, 2025 Focused Update of the 2019 ESC/EAS Guidelines for the management of dyslipidaemias, 2025.
- European Atherosclerosis Society, Lipoprotein(a) in atherosclerotic cardiovascular disease and aortic stenosis: a European Atherosclerosis Society consensus statement, 2022.
- Assurance Maladie, Nomenclature des actes de biologie médicale (NABM).