Le cadmium est un métal lourd naturellement présent dans l’environnement, mais dont les concentrations ont fortement augmenté sous l’effet des activités humaines, en particulier agricoles. Aujourd’hui, il s’impose comme un enjeu majeur de santé publique, encore trop peu connu.
Selon les dernières analyses de l’ANSES, une part importante de la population française présente une exposition jugée préoccupante, notamment les enfants. Dans certains cas, les niveaux dépassent les seuils sanitaires recommandés, ce qui soulève des inquiétudes quant aux effets à long terme.
UNE CONTAMINATION PRINCIPALEMENT ALIMENTAIRE
Contrairement à d’autres polluants, l’exposition au cadmium provient quasi exclusivement de l’alimentation (jusqu’à 98 % chez les non-fumeurs).
Les aliments les plus contributeurs ne sont pas nécessairement les plus contaminés, mais les plus consommés au quotidien :
- produits céréaliers (pain, pâtes, biscuits, céréales du petit-déjeuner)
- pommes de terre
- certains légumes
Cette exposition diffuse rend le risque difficilement perceptible à l’échelle individuelle, mais significatif à l’échelle populationnelle.
UNE ORIGINE BIEN IDENTIFIÉE : LES SOLS AGRICOLES
Le principal facteur de contamination est aujourd’hui connu :
- les engrais phosphatés, naturellement riches en cadmium.
Utilisés massivement en agriculture, ils entraînent une accumulation progressive du métal dans les sols, puis dans les cultures, et finalement dans notre alimentation.
L’ANSES insiste ainsi sur la nécessité d’agir à la source, en réduisant les teneurs en cadmium dans les engrais et en adaptant les pratiques agricoles.
QUELS RISQUES POUR LA SANTÉ ?
Le cadmium est classé cancérogène avéré pour l’homme et présente une toxicité chronique :
- atteintes rénales
- fragilité osseuse (ostéoporose)
- effets sur la reproduction
- risques cardiovasculaires
Il a également la particularité de s’accumuler durablement dans l’organisme, avec une élimination très lente (plusieurs décennies).

DES POPULATIONS PARTICULIÈREMENT EXPOSÉES
Certaines populations sont plus à risque :
- jeunes enfants
- femmes enceintes
- personnes carencées en fer
- fumeurs (exposition additionnelle)
Chez les enfants, les niveaux d’exposition dépassant les seuils sont particulièrement fréquents, ce qui constitue un signal d’alerte important.
QUE PEUT-ON FAIRE CONCRÈTEMENT ?
Si les actions les plus efficaces relèvent des politiques publiques (agriculture, réglementation), quelques leviers individuels existent :
- Varier son alimentation pour éviter l’accumulation
- Diversifier les sources de féculents
- Maintenir un bon statut nutritionnel (notamment en fer, zinc, calcium)
Cependant, l’ANSES rappelle que les solutions individuelles restent limitées face à une contamination structurelle.
Le dosage du cadmium :
- Dosage sanguin (cadmiémie) : Il est indiqué pour la recherche d’une exposition récente (intoxication aiguë).
- Dosage urinaire (cadmiurie) : Il est utilisé pour rechercher une imprégnation chronique ou pour évaluer le stock corporel.
Ces dosages seront bientôt remboursés par l’Assurance-Maladie.

CE QU’IL FAUT RETENIR
- Le cadmium illustre une problématique émergente : une exposition diffuse, chronique et silencieuse, liée à notre alimentation quotidienne.
- Le dernier rapport de l’ANSES appelle à une prise de conscience collective et des actions rapides, en particulier sur les pratiques agricoles, afin de limiter durablement l’exposition de la population.
- La meilleure stratégie reste une alimentation variée et équilibrée,
- Si vous avez des préoccupations particulières ou des questions de santé, n’hésitez pas à en parler à votre professionnel de santé.
Pour en savoir plus : CONSEIL PATIENT – CADIUM ET CHOCOLAT
Sources :
- Le cadmium – Priorisation des leviers d’action pour réduire l’imprégnation de la population française selon une approche d’exposition agrégée – Avis de l’Anses Rapport d’expertise collective Février 2026.
- Dépistage, prise en charge et suivi des personnes potentiellement surexposées au cadmium du fait de leur lieu de résidence – HAS – Octobre 2024.
- Cadmium : des dépistages seront bientôt remboursés en laboratoire de ville – Le Monde – 07/04/2026.