QU’EST-CE QUE LES PFAS ?
Les PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées) sont des produits chimiques synthétiques utilisés pour leurs propriétés :
- antiadhésives,
- imperméabilisantes,
- résistantes à la chaleur.
Ils sont très persistants dans l’environnement et se retrouvent dans les sols, l’air, l’eau ainsi que dans notre chaîne alimentaire. Certains PFAS historiques, comme le PFOS et le PFOA, sont aujourd’hui fortement restreints ou interdits.
POURQUOI LES PFAS SONT PRÉOCCUPANTS POUR LA SANTÉ ?
Les PFAS sont très persistants dans l’environnement et peuvent s’accumuler dans l’organisme (principalement dans le sang, le foie et les reins).
Sur la base des données scientifiques actuelles, une exposition prolongée à certaines de ces substances peut avoir des effets potentiels sur la santé, notamment :
- Augmentation du taux de cholestérol
- Perturbations du fonctionnement du foie
- Perturbations du système immunitaire (diminution de la réponse immunitaire chez l’enfant dont la production d’anticorps après vaccination)
- Diminution du poids à la naissance
Le PFOA a été officiellement classé comme « cancérogène pour les humains » (groupe 1) par le CIRC (Centre international de recherche sur le cancer) en décembre 2023. Le PFOS est quant à lui classé comme « peut-être cancérogène » (groupe 2B).
D’autres effets sur la santé ont été mis en évidence par des études toxicologiques sur l’animal mais n’ont pas été prouvés chez l’homme, comme par exemple des perturbations de l’équilibre endocrinien (hypothyroïdie), des troubles de la reproduction, de la fertilité, une augmentation du risque de cancer (cancers du rein ou des testicules).

PRINCIPALES SOURCES DE CONTAMINATION EN FRANCE
1. Alimentation
L’alimentation est la principale source d’exposition aux PFAS.
Les PFAS s’accumulent dans la chaîne alimentaire, surtout dans certains produits d’origine animale: les produits de la mer (poissons, crustacés, etc.), les œufs et les viandes sont les aliments contribuant le plus à l’exposition.
2. L’eau
L’eau est la deuxième source d’exposition aux PFAS.
De 2023 et 2025, une campagne nationale menée par l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) a recherché 35 PFAS dans de nombreux échantillons d’eau.
Résultats principaux :
- 20 PFAS ont été détectés dans des échantillons d’eau brute (non traitée) et 19 dans des échantillons d’eau distribuée au robinet.
- Certains composés n’apparaissent que dans un seul échantillon, tandis que d’autres sont plus fréquents, comme le TFA (acide trifluoroacétique), présent dans 92 % des échantillons analysés.
- La grande majorité des concentrations mesurées restent inférieures aux limites réglementaires.
Faut-il s’inquiéter ?
La plupart des PFAS détectés dans l’eau potable sont en dessous des limites réglementaires françaises et européennes.
Pour protéger la population sur le long terme, les autorités sanitaires renforcent la surveillance et suivent régulièrement la qualité de l’eau.
Il est conseillé de suivre les recommandations locales des ARS (Agence Régionale de Santé) et de consulter régulièrement les résultats de qualité de l’eau. En cas de dépassement local des seuils, privilégier l’eau filtrée ou en bouteille, surtout pour les nourrissons.
3. Produits et environnement
Les PFAS peuvent aussi se retrouver dans l’air intérieur et dans la poussière, constituant une source secondaire d’exposition.
Ils sont présents dans de nombreux objets du quotidien :
- textiles traités (canapés, tapis, vêtements imperméables),
- emballages alimentaires,
- mousses anti-incendie
- produits de consommation (revêtements, cirages, certains plastiques).
- cosmétiques (on les retrouve fréquemment dans les produits dits “waterproof” ou “longue tenue”)
- etc.
Ils se détachent progressivement et s’accumulent dans la poussière. L’exposition se fait par ingestion de poussières contaminées (voie de contamination plus importante chez les enfants que chez l’adulte) ou par inhalation de particules fines.
Certaines poêles recouvertes de revêtement antiadhésif en PTFE (Polytétrafluoroéthylène) peuvent également contenir des PFAS. En utilisation normale, la migration vers les aliments reste très faible, à condition que la poêle ne soit pas endommagée et soit utilisée correctement.
Pour limiter l’exposition aux PFAS dans la cuisine :
- privilégier des poêles en inox, fonte ou céramique ;
- éviter les poêles antiadhésives très usées ou rayées et de les surchauffer à vide.
4. Expositions professionnelles
Dans certains secteurs industriels (chimie, traitement des textiles, électronique, lutte contre les incendies), les expositions peuvent être plus élevées et sont encadrées par la réglementation professionnelle.

PRÉVENTION ET BONNES PRATIQUES
- Alimentation : varier les sources alimentaires et être attentif aux produits susceptibles d’accumuler des PFAS.
- Eau potable : suivre les contrôles sanitaires locaux et, si nécessaire, utiliser des filtres adaptés aux PFAS.
- Environnement : éliminer régulièrement la poussière avec un chiffon humide, aérer chaque jour.
- Produits du quotidien : éviter les poêles antiadhésives très usées ou rayées, ne pas surchauffer à vide.
À RETENIR
- Les PFAS sont des polluants persistants qui peuvent se retrouver dans l’environnement et dans différents compartiments (eau, aliments, produits).
- La source principale d’exposition est l’alimentation.
- L’eau potable reste généralement en dessous des limites réglementaires, donc pas de risque immédiat pour la santé.
- Des gestes simples (alimentation variée, filtres si nécessaire, etc.) permettent de limiter l’exposition quotidienne.
- La surveillance par les autorités sanitaires est renforcée pour protéger la population sur le long terme.
Pour en savoir plus et suivre les dernières actualités sur les PFAS, rendez-vous le site de l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’Alimentaiton, de l’environnement et du travail.
Sources :